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Romain le Togolais

Kadhafi est mort, vive l'Islam

Quelques jours seulement après la mise à mort du Colonel Kadhafi, l'opinion occidentale s'interroge sur l'avenir de la Libye.

 

Les espoirs de la naissance d'une vraie et réelle démocratie se sont vite  estomper depuis que le Numéro Un du CNT a déclaré publiquement que la Charria sera la nouvelle source de loi en Libye.

 

La Libye que nous avons connue était dirigé par un homme dur, un dictateur. C'est vrai il a à son passif beaucoup de crime ! Mais on se souvient que pendant son règne l'Islam ou la Charia n'a pas été aussi publiquement présentée comme source du Droit. La société libyenne sous Kadhafi vivait dans une forme de demi-laïcité. L'Islam existait dans le quotidien de tous les libyen mais en aucun moment il n' a été considéré comme fondement devant régir la vie en société.

 

Le spectre des violences qui ont secoué une partie du Nigéria, le Soudan, la Somalie   et les dérives intégristes constatée dans les pays comme l'Iran, le Pakistan et l’ Afghanistan (où les talibans sont en passent de prendre le contrôle de tous le pays)  suscitent appréhension et crainte auprès de l'opinion internationale, surtout celle occidentale.

Pour les africains, la majorité je pense, le souhait véritable serait de constater que la nouvelle Libye s’enracine dans l’endoctrinement fondamentaliste de l’islam et devienne un no man’s land  comme la Somalie. Pas parce que les africains sont des bêtes pour vouloir le chaos à d’autres hommes, mais pour une fois faire prendre conscience aux donneurs de leçons que l’ingérence dans les affaires internes d’un pays au cours de ce siècle est dommageable.

Toute l’Afrique sub saharienne attend de voir la Libye plongée dans une époque que certains qualifieraient de révolues, à savoir le fondamentalisme réligieux.  

À ce que l'on sache les nouveaux dirigeants de la Libye n'ont jamais des défenseurs de la liberté individuelle. Certains   ont d'ailleurs été reconnus comme des islamistes intégristes, militants du Al Quaida. Plusieurs hauts commandants de la rebellion ont séjournée dans les geôles des américains à Guantanamo dans le cadre de la politique américaine contre le terrorisme.

C’est dire que les révolutionnaires libyens n’ont rien à voir avec ceux de la Tunisie ou de l’Egypte qui arbore fièrement une  révolution   de rue.

Le président du Conseil national de transition libyen, Moustapha Abdeljalil a été le juge qui a, à plusieurs reprises condamné les  infirmières bulgares sous le règne de Kadhafi.

Une   triste affaire qui    a connu son épilogue avec l'intervention d'un certain Sarkozy fraichement élu et qui s'essayaient encore en matière d'influence internationale.

Nous avons tous assisté aux exactions commises à l'encontre des immigrés africains noirs sur le territoire libyen. Accusés à tort d’être des mercenaires à la solde du     pouvoir  du guide à l'époque, ces immigrés de la faim ont été le souffre douleur de ces islamistes déchainés, revenus des bastions pakistanaises et afghanes d’Al-Qaïda  sous le prétexte de sauver le pays des mains d'un dictateur.

En réalités ces rebelles libyens ne sont que des radicaux, des intégristes qui ne laisseront jamais la Libye et sa population jouir pleinement des fruits de la démocratie : alternance au pouvoir, laïcité, liberté d'expression et liberté de conscience.

Pour les hommes avertis, l'orientation de la Libye sur la voie du radicalisme annoncé    le dimanche 23 Octobre par le Président du CNT , était prévisible.

La Libye n'a pas connu de révolution. Le peuple libyen n'a pas chassé le Guide. C'est l'Occident qui a armé une partie du peuple, des combattants d'Al-Qaïda pour chasser Kadhafi. Et rien que pour ça, l'espoir d'une démocratie ne verra jamais le jour. L'Egypte et la Tunisie ont fait la révolution pour accéder à plus de démocratie, la Libye a fait la guerre pour s'imposer un nouvel ordre : La Charia.

La révolution des armes n'a jamais été la révolution de la rue. Certains grands dirigeants de ce monde se sont amusés avec le destin de tout un peuple voire de tout un continent.

Sarkozy a cru qu'il pouvait se refaire une aura internationale en parachutant les armes aux combattants  islamistes pour chasser le régime Kadhafi.

Il a réussi mais au fond il n'aura rien fait. Dans un court délai on l'aura célébré comme étant l'un des tout premiers à avoir reconnu ou soutenu le CNT. Mais dans un avenir lointain, les libyens qui ont applaudis la visite de Sarkozy sur leur sol regretteront à jamais de l'avoir fait.

 

 

Cet article ci dessous illustre parfaitement la situation sur le terrain en Libye.

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/monde/libye-la-charia-apres-la-dictature-25-10-2011-1476774.php

 

En affirmant, dimanche, que «la charia serait la principale source de législation dans la nouvelle Libye», Moustapha Abdeljalil, chef du Conseil national de transition, a suscité de nombreuses inquiétudes, notamment parmi les femmes et à l'étranger.

A Benghazi comme à Paris, les politiques savent ce qu'ils disent. Et le président du Conseil national de transition libyen, Moustapha Abdeljalil, était conscient de ce qu'il faisait, dimanche, en annonçant que la loi de la nouvelle Libye serait basée sur la charia. Celle-ci n'est autre que la transposition littérale du Coran-le livre sacré des musulmans-dans la loi, mais aussi dans la vie quotidienne et personnelle de chaque citoyen.
Moustapha Abdeljalil n'a, certes, jamais été un défenseur des droits de l'Homme! Du temps où il était magistrat, c'est lui qui a condamné à mort, à deux reprises, les infirmières bulgares prises en otages par Kadhafi, avant que ce dernier le nomme ministre de la Justice !

Musulman ultra pieux
Ce musulman ultra-pieux arbore au front la zebiba, gros cal provoqué par le frottement du crâne sur le tapis de prière.
Ceux qui juraient que la Libye débarrassée de Kadhafi deviendrait le paradis des droits de l'Homme n'ont plus qu'à se mordre les doigts ! Car Abdeljalil n'a pas choisi par hasard d'annoncer que deux des plus visibles symboles de la charia auraient désormais toute leur place en Libye : la polygamie et l'interdiction du divorce.
Pays déchiré en de multiples composantes dont jouait le tyran, la Libye ne s'est réunie qu'avec un fort soutien extérieur, de l'Otan, certes, mais aussi des Frères musulmans égyptiens et autres salafistes, ainsi que des rigides pétromonarchies du Golfe.
Alain Juppé a recours au voeu pieux quand il affirme qu'il est«absolument essentiel» que les grands principes soient respectés, en citant «l'alternance démocratique, le respect de la personne humaine, l'égalité des droits entre les hommes et les femmes.»Avant d'ajouter qu'il voit Moustapha Abdeljalil en partisan d'un«islam modéré».

«Les islamistes modérés n'existent pas !»
Alain Chouet, qui fut durant trente ans, à la DGSE, le spécialiste des mondes arabes et musulmans, ne croit pas à cette formule : «À mes yeux, il n'existe pas d'islamistes modérés, mais seulement des islamistes calculateurs.»Il note qu'en Tunisie, où les islamistes d'Ennahda sortent largement vainqueurs des élections de l'assemblée constituante,«ceux qui ont de l'argent l'ont reçu de l'Arabie saoudite et du Qatar».
Il a beau jeu de rappeler que les Tunisiens ont, certes, chassé Ben Ali lors d'une révolte populaire que l'armée n'a pas réprimée, mais que le pouvoir honni avait cherché, depuis l'indépendance, à renforcer la laïcité et la liberté des femmes. Dans une assemblée qu'ils domineront, les islamistes tunisiens feront sans aucun doute valoir des principes opposés. Il serait malvenu de leur faire des procès d'intention, à tout le moins tant que la nouvelle constitution n'est pas discutée. Mais en Tunisie comme en Libye, la disparition des dictatures n'est pas nécessairement synonyme de liberté retrouvée.

Des interprétations très différentes d'un pays à l'autre

Derrière le terme charia, qui n'est ni un livre, ni un code, se cachent des interprétations et des applications de l'islam très différentes, d'un pays à l'autre. Ainsi, la façon dont elle règle à la fois les aspects publics et privés de la vie d'un musulman n'est pas la même en Égypte qu'en Iran...

Coupera-t-on bientôt les mains des voleurs à Tripoli? Lapidera-t-on la femme adultère à Misrata ? Depuis que Moustapha Abdeljalil, président du CNT, a déclaré que la principale source de la législation libyenne serait la charia, l'Occident n'est plus qu'interrogations et inquiétude. Les spécialistes du droit musulman contemporain tempèrent, sur le site d'information Rue89, cette crainte.
Ainsi, Saïd Haddad, chercheur en sciences politiques, rappelle que la législation libyenne est déjà basée, depuis 1994, sur la charia et que le risque d'une application maximaliste de ses principes n'est pas certain : «Les islamistes font et feront partie de la scène politique libyenne; les Frères musulmans étaient une force d'opposition mais pour l'instant rien ne présage une dérive islamiste.»

Un «référent normatif» pour les musulmans
Pour l'islamologue Éric Chaumont, cette «concession faite aux islamistes» ne sera pas forcément appliquée. D'autant que le terme charia - littéralement la «voie», en arabe - n'est ni un livre, ni un code, ni un ensemble de règles figées. Il n'existe pas un contenu ou un guide écrit. «La charia, c'est la normativité, le référent normatif pour les croyants musulmans. C'est une source d'inspiration de laquelle peuvent découler des choses différentes», explique ainsi Baudouin Dupret, directeur du centre de recherches Jacques-Berque, à Rabat, au Maroc. Ainsi, si c'est un code très restrictif et particulièrement répressif au Soudan, en Iran et dans certaines monarchies du Golfe, par contre, en Égypte, il s'agit de suivre des principes généraux.»

Contenu rétrograde ... ou progressiste
Cela signifie que, selon l'interprétation qu'on fait des textes coraniques et de la Sunna (la tradition, une des sources de la charia), on peut, certes, lapider une femme au nom de la charia mais aussi, à l'inverse, avoir un code pénal progressiste.
Concrètement, si la charia devient la source de la législation libyenne, il faudra que les lois qui seront adoptées par le parlement libyen soient en conformité avec la loi islamique. Jusqu'à quel point ? Pour Baudouin Dupret, il est impossible de prévoir le contenu que donneront les dirigeants libyens à la charia: «Il pourra être rétrograde comme progressiste... La composition du CNT ne donne pas d'indication sur la direction idéologique qu'ils vont prendre».

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