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Romain le Togolais

LA SYNERGIE DES TRAVAILLEURS DU TOGO : UN MODELE DE LUTTE SYNDICALE

STT SYNDICALISTES1

 

Ce n’est plus un secret pour personne : la lutte syndicale togolaise a marqué un grand tournant depuis le début de cette année avec la naissance de la Synergie des Travailleurs du Togo (STT). Contrairement aux responsables syndicalistes que le Togo a connus par le passé, les responsables de ce nouveau mouvement se sont illustrés par leur sens du sacrifice surtout lorsqu’il s’agit de la défense des intérêts des travailleurs togolais. Au regard des résultats déjà obtenus, on peut affirmer sans risque de se tromper que les fonctionnaires togolais peuvent espérer beaucoup de choses des actions que mènent les responsables de la STT.   

La priorité que ce mouvement donne à la lutte syndicale vient d’être illustrée à travers la trêve observée dans ses actions de revendication pendant la période électorale, pour donner la chance au gouvernement de s’atteler aux exigences liées au processus électoral. Comment pourrait-elle encore être plus fair-play ? 

Au-delà de la symbolique, cet acte reflète le degré de maturité des nouveaux responsables syndicalistes togolais. Et c’est de bonne guerre car, c’est en cessant de faire l’amalgame entre politique et syndicalisme que les responsables syndicalistes pourraient aider les masses laborieuses à opérer des choix judicieux.  

C’est d’ailleurs avec satisfaction que l’on a assisté au non affichage des responsables syndicalistes lors des campagnes électorales qui ont précédé les élections législatives du 25 Juillet dernier. S’il est vrai que les syndicalistes sont après tout des citoyens, il n’en demeure pas moins vrai que le syndicalisme est avant tout apolitique.

D’ailleurs, les responsables de la STT avaient d’autres chats à fouetter.

Si Mme Nadou Lawson avait profité de cette trêve pour aplanir les positions au niveau de la coordination et définir l’orientation dans laquelle la lutte syndicale devrait être relancée après les élections législatives, Ferdinand Akéta Abalo avait saisi cette occasion pour redynamiser les démembrements de la STT à l’intérieur du pays.

Quant à Ségnon Gilbert Tsolenyanu, il a profité de la trêve pour se rendre au Gabon où Harry Octavianno Olympio l’a introduit à certains experts qui l’ont initié à de nouvelles techniques en matière de lutte syndicale. Le plus souvent, on ne s’imagine pas les risques et les sacrifices auxquels sont exposés les dirigeants syndicaux.

En effet, Gilbert Tsolenyanu dans le cadre de son voyage au Gabon, a dû rater son examen de DES qui se tenait à Lomé au moment où il était en séjour au Gabon. Ceux qui savent l’importance que revêt le DES dans la vie professionnelle d’un jeune médecin peuvent comprendre toute la perte qu’il a dû encaisser pendant qu’il était en démarche dans l’intérêt de la lutte syndicale togolaise. Cet exemple de sacrifice est rare et devrait servir de modèle à ceux qui aspirent au vrai combat de syndicaliste, et amener les professionnels en matière de calomnie et de médisance à rechercher les bons réflexes. 

 

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Faustin 13/08/2013 09:04

Je trouve l'analyse assez relative et peut-être un peu trop laudative. Qui connait les arcanes du monde syndical ne dirait pas cela.
Quelques exemples : Selon moi, il y a eu un manque de professionnalisme syndical ou une approximation de la part des citoyens de la STT. Réclamer de meilleures conditions est noble et légitime mais
savoir le faire est efficacité et efficience. Raisons :
1. vous ne pouvez pas aller à une négociation de contingence (non structuré) et donc de crise avec 8 points; c'est trop et c'est normal que les négociations trainent... 2 ou 3 points maximum, c'est
bien et si vous revenez avec un gain de 2/3 obtenu, c'est déjà bien… 8 points = dispersion = inefficacité =… Conséquence, après une douzaine de jours de grève et après 8 mois, on en est encore à
rafraichir la mémoire de la base sur les échanges…
2. l'AG, qui est une réunion de masse, est une mauvaise stratégie : Une masse ne décide pas; une masse est généralement excessive; dans la masse, les individus se colorent avec passion...les
réunions de masse sont des portes ouvertes à la politisation (réelle ou supposée). Une masse, ça se dirige, ça se guide, ça doit être orienté... sinon, on est vite pris en otage... et on est bouffé
par une révolution qu'on a générée... La masse non satisfaite vous traitera de vendu, de traître, d'acheté... de mauvaise foi... parce que la réalité économique qui nourrit la réalité sociale n'est
pas toujours ce que l'on pense ou croit... la démocratie représentative suppose responsabilité… on assume d’abord et on rend compte après… Dans la masse, ceux qui n’étaient violents peuvent
facilement le devenir, les polis peuvent devenir impolis et arrogants, les modérés… extrémistes…. D’où la nécessité d’un tampon… la masse est souvent B….
3. la non précision des intentions au départ crée de l'extensibilité par rapport aux matières abordées ex: fonctionnaires- agents publics- assimilés... le terme assimilé seul est déjà un
conglomérat aujourd'hui insaisissable... cela fait trainer objectivement les débats... il faut s’entendre d’abord sur son contenu, revenir à la table et faire les calculs à propos… c’est le
meilleur chemin vers l’enlisement et la démobilisation… cela se voit… En plus il y a dans la plate-forme des sujets structurants dont les effets ne seront perceptibles que dans quelques années… ce
serait bien si on est dans le cadre d’un dialogue structuré… mais ici, c’est du tango…
4. la grève est la dernière arme dont l'utilisation doit être des plus parcimonieuses sinon, on tombe dans la banalisation et dans la trivialité... que faire après??? Maintenant on parle
d'opération coup de point, de marche... syndicalement ça interpelle !!! Il ne faut pas tuer une mouche avec des missiles sol-sol… En plus, il faut avoir une idée du coût d’une journée de grève
avant de s’y adonner… sinon on retombe sur sa tête… les retenus sur salaire pour grève pouvant ronger profondément les gains…
5. La gestion des informations relatives au temps des négociations a été calamiteuse. La proclamation des dates buttoirs est dangereuse quand on n’a pas toute la latitude et très souvent, l'autre
partie détient une part des marges... En face des réalités, on est déçu... on tâtonne, on se contredit, on perd l'élan... cela se voit... on a parlé de juillet… maintenant...
6. quand on va à une négociation syndicale, il faut avoir une idée claire du montant global (et même éclaté) des revendications. Cela permet d'être soi-même réaliste. Sinon, les débats vont
s'éterniser. Sinon, il va falloir se donner le temps d'aller faire les calculs qui ne sont pas aisés...temps perdu... combien coûte la plateforme ? La réponse n’est pas connue jusqu’à ce jour… le
syndicalisme s’apprend…
7. les égos ont trop parlé dans le fonctionnement de cette coordination (voir les conflits internes vécus en si peu de temps)… ajouté au populisme naturel des réunions de masse,… on a tendance à
être peu réaliste… Laisser de passer son DES et aller apprendre le syndicalisme au Gabon est très éloquent… sacrifice ? je me pose des questions…
8. Faire du bruit autour d’une négociation de salaire est dangereux… une fois réalisée, cette augmentation crée de l’inflation qui grignote et qui érode le pouvoir d’achat… conséquence… ce qui est
donné par la droite est repris par le marché… il faut être discret quand on négocie les salaires…
Conclusions : Le syndicalisme s’apprend et il faut beaucoup d’humilité pour y aller. La pratique et l’expérience sont des atouts et des garanties. Les secrétaires généraux des centrales ont
certainement encore des billes dans leur besace…